Peintre et sculpteur

Un bâtard de Giacometti et de Bacon, de Michel Lequenne, 1997

Ces premières œuvres étaient loin d’être médiocre, mais ce qu’il crée depuis trois ans,appartient au plus fort de ce qui nait aujourd’hui. Le meilleur de l’art de notre siècle révèle toujours de l’humour noir, et il se fait de plus en plus noir au fur et à mesure que les décennies s’écoulent. Mais il faut que l’humour subsiste pour que l’œuvre ne sombre pas. Telle est celle de Perez, sorte de fils bâtard de Giacometti et de Bacon.

D’où sortent ces inquiétantes figures? De quelque nécropole puisqu’elles sont emmaillotées comme les momies monastiques de Burgos et que les tableaux sont des fresques à demi-effacées. Mais de quelle civilisation perdue dans la nuit des temps, Ou plutôt de quel fantastique univers autre, cauchemar du notre, miroir nous renvoyant en équilibre notre face tragique et grotesque à la fois? Ici on rencontre des lilliputiens et là des géants par les longues pattes d’araignées.

La fascination que provoque ces créatures tient sans doute à ce qu’elles nous renvoient à l’éphémère de nos civilisations, de notre espèce marchant dans un délire vers la mort.

Et c’est en cela que cette œuvre nos semble des plus significatives de notre noire fin de siècle, et comme un appel à la conscience.

Michel Lequenne. Octobre 1997

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