Peintre et sculpteur

Flaques d’êtres, d’Itzhak Goldberg, 2001

Il y a longtemps, Marc Perez peignait des façades. Des murs aveugles, grisâtres, aux portes fermées, séparés du spectateur par un parquet soigneusement délimité, parfois en damier. dans cet univers clos, traité selon des schémas géométrique, tout semble figé, arrêté. Le monde de l’artiste était un No man’s land pictural, intemporel.

On ne saura jamais si les natures mortes qui suivent, sont localisées dans ces pièces interdites au regard.

Quoi qu’il en soit, l’atelier s’ouvre et on découvre, sur un fond dénudé, délivré de tout élément parasite, les outils du travail de l’artiste. Posés sur une table, séparés du reste du monde, ces objets assemblés ( laissés sur place?) par Marc Perez, ne cherchent pas à séduire et se présentent comme des œuvres silencieuses, l’envers d’une peinture à effets.

On le sait, les natures mortes, qu’on nommait auparavant natures inanimées, incarnent l’immobilité. Ici pourtant, le désordre calculé, le plateau légèrement soulevé d’une table, le obliques formées par les queues des pinceaux plongés dans des pots, perturbent l’aspect statique de ces Still Life.

Mais, peut-être, cet étrange souffle de vie qui passe entre les « actants »plastiques, objets ou accessoires, ne fait qu’annoncer l’arrivée de celui qui fait bouger les choses: L’homme. De fait, dans l’œuvre de Marc Perez la figure humaine était délibérément écartée, la narration congédiée, l’événement exclu. Tout laisse à penser que l’artiste, qui compare sa démarche à ces voyages d’autrefois, ces voyages lents trop lents » a eu besoin de temps  pour laisser pénétrer les personnages dans son champ pictural.

Un véritable changement? Si l’on écoute encore le peintre, » Il ne peut y avoir de réel mouvement dans une œuvre sans ce paradoxal  paralysie, qui, sans doute, permet d’approfondir un travail,en le laissant en même temps dévier insensiblement vers de nouvelles routes, ou plutôt vers de nouvelles déroutes ».

Marc Perez a raison. Le cheminement d’un artiste ( Il suffit de penser à Cézanne ou à  Giacometti) s’approche toujours d’une quête sysiphienne où l’idée fixe devient obsession. Ce trajet, qui inclut des modifications progresse par addition,retours et reprises,comme s’il s’agissait d’apprivoiser la forme,de la circonscrire.

Powered by WordPress | Designed by Elegant Themes