Peintre et sculpteur

Corps combustibles, de Yvon Canova, extrait N°1, 2009

A quoi sommes nous renvoyés ? S’agit-il d’un manque ou de ce fameux vide, appelant à la résidence, qu’Abraham Aboulafia nomme Tsimtsoum ? Ce vide que nous sentons agir en nous dans nos entrailles ? A quoi marchent les personnages, les corps et les visages de Perez ? A quels combustibles tournent-ils, Au combustible du souffle et du langage ? Artaud écrit que la vie consiste à brûler des questions. Brûler est un verbe qui convient bien au travail de Perez qui n’ignore rien des sens de ce mot, y compris les plus sombres. Son admiration pour Zoran Music témoigne de son attachement à une lumière qui ne recule devant aucunes des cruautés du siècle venant de s’achever. Brûlures, brûlots ; Chez Perez la lumière revient à sa nature originelle et les corps dans lesquels elle se déploie se meuvent tels des formes archaïques de cette antique lueur d’origine, brandons chauffés à blanc, étoiles étiolées, comme nous-mêmes, perdurant, soleils, incendies intarissables.

Les corps qui nous sont étrangers exigent une analyse à la mesure de la résistance qu’ils nous opposent ; Ils l’exigent paradoxalement.  Le rapport à une œuvre qui nous touche au plus intime est une épreuve et agit en nous comme un poison qui contiendrait  son antidote, un fiel son miel. Dans la mort qu’elle nous inocule elle nous sauve. La rencontre ne laisse pas indemne. Ce que j’ai assimilé, dans un état d’épouvante merveilleuse, je dois en quelque sorte le rendre, en rendre compte…

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